La saga des blés Vilmorin

L'actualité autour de la boulangerie pâtisserie.
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Marc
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juin 2007
dimanche
03
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La famille Vilmorin est dans le commerce des graines (semences) depuis le XVIIIème siècle, voir même le XVIIème siècle grâce à Claude Geoffroy, « Maîtresse Grainière du Roy de France ».
Dans sa descendance, le sieur Pierre d’Andrieux (1713-1780) auteur déjà en 1766 d’un « catalogue de toutes sortes de graines», est aussi appelé le  « botaniste du roi (Louis XV) ».
C’est la fille (Adélaïde) de ce sieur Andrieux  qui épouse Jacques Lévêque de Vilmorin (1707-1759), fondateur du nom de la maison Vilmorin.  
Le fils du couple Vilmorin-Andrieux ( Philippe-Victoire, 1746-1804) fut un des financiers de l’expédition autour du Monde de Lapérouse  en 1785 qui a notamment comme but  « de cultiver et conserver les plantes et les graines de différentes espèces que nous aurions la possibilité de rapporter en Europe ».  
Le roi de France discute avec Lapérouse de l'expédition[/b][/align]
Philippe-Victoire de Vilmorin collabora avec Antoine A.Parmentier pour faire connaître la pomme de terre.
Le nom de famille va perdre ce petit « de », suite au vicissitudes révolutionnaires pour le retrouver dans les années 1850.
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Avec le fils de Philippe Victoire;  Philippe-André  (1776-1862) s’ouvre une autre facette de la recherche d’amélioration des plantes.
Plus que la simple collection, vient la recherche sur l’hérédité. Ce dernier mot bien qu’utilisé en termes médicales est rarement employé pour les plantes au temps ou Philippe - André Vilmorin  explique (en anglais)  sa démarche scientifique dans la revue de la société horticole de Londres en 1840.
Il avait réussi à partir de carottes sauvages à obtenir en trois générations des carottes semblables aux carottes domestiques.
Le fils de Philippe - André Vilmorin  s’appelle Louis Vilmorin (1816-1860), il invente pratiquement le métier de sélectionneur. S’inspirant des méthodes anglaises, il systématise et définit en 1856, la méthode généalogiste (obtenir de nouvelles variétés par croisement), à l’Académie d’Agriculture de France. Eugène Péligot qui réalisa un des premières études sur la composition du blé en 1849 écrit que Louis Vilmorin lui mit à disposition des échantillons de blé «provenant soit de ses cultures, soit de ses relations avec des agronomes étrangers ».  
L’héritier suivant est alors Henry Vilmorin (1843-1899) qui lui sera un homme de son temps si l’on peut le dire. Il dirige de 1866 à 1899, la société Vilmorin vers le prestige international et se consacra beaucoup à l’édition d’un nombre considérable de catalogues de plantes domestiques. Le magasin au 12, quai de la Mégisserie dans le 1er arrondissement de Paris est toujours en place en ce XXIème siècle
A dix kilomètres au sud de Paris, la ville de Verrières-le-buisson a conservé le titre de « ville arboretum » en mémoire au centre de recherche et sélection de la firme. C’est aussi Henri Vilmorin  qui engage la société dans l’amélioration de la plante domestique la plus cultivée, le blé.
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Henri Vilmorin publie le livre « Les meilleurs blés »en 1880 , et s’en suivit l’apport des premières variétés de blés issu de croisement.
Dans ces choix de variétés utilisées pour améliorer les variétés locales françaises, Henri de Vilmorin et son équipe utilise principalement l’apport de blés anglais. La première variété croisée de la firme est appelée «Dattel». Elle est issu d'un croisement fait en 1874 entre le Blé Prince Albert et le Chiddam d'automne à épi rouge (deux variétés britaniques), elle fit son apparition dans les cultures en 1883 et créa une grande sensation.
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Vingt-neuf après la publication du livre «Les meilleurs blés» est édité un supplément par le fils d’Henry, Philippe et déjà le succès de la sélection génétique (par croisement) est très parlant. Philippe y décrit  «27 variétés qui occupent maintenant dans nos champs une place beaucoup plus importante que les 70 décrites et figurées en 1880.  Les races locales tendent à disparaître et sont remplacées par d'autres, plus productives».  
Bien de variétés créé par croisement (sélection généalogique) à la firme Vilmorin fin du XIXème siècle incorpore des variétés de blés anglais, tels Prince Albert, Chidham, Squarhead, Browick.
La société Vilmorin  continuera encore avec comme successeur à la tête Jacques de Vilmorin.
Une des dernières célébrités de la famille, Louise de Vilmorin romancière a été fiancée à Antoine de Saint-Exupéry, puis est devenue la grande amie d'André Malraux dont elle fut un temps la compagne.
André Malraux (1901-1976) et Louise de Vilmorin (1902-1969) aimaient fréquenter le parc de Verrières-le-buisson.
Selon son souhait, Louise de Vilmorin y a été enterrée, tandis qu'André Malraux termina sa vie dans le château Vilmorin de cette même ville.
En 1975 la société est reprise par le groupe auvergnat (à l’origine) Limagrain, qui 20 années plus tard, incorpore en son sein la boulangerie Jacquet.
Ce qui fera de ce groupe un intervenant sur toute la filière du grain au pain.
Toujours dans ce  même groupe Limagrain, nous retrouvons d’autres intervenants de la filière, des productions d’ingrédients pour la boulangerie, notamment le groupe Dafa

Une des sources principales de l'article est l'article de J.Gayon et D.T.Zallen "Le rôle de la société Vilmorin dans la promotion et la diffusion des expériences scientifiques sur l'hérédité en France" publié en anglais dans la revue "Journal of the history of the biology" n°31 de 1998.


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Bon pain
Marc
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